Petit aparté en ce 14 Novembre 2015 suite aux récents événements qui se sont déroulés à Paris. Je veux bien entendu parler des attentats ayant causés la mort de plusieurs personnes et en ayant blessées plusieurs autres, laissant des familles endeuillées ou tout du moins profondément inquiètes pour l'avenir de leurs proches.
Mes premières pensées vont aux victimes et à leurs proches. Ils pourraient être mes amis, mes frères, mes soeurs, mes parents, mes oncles et tantes, mes collègues... Je n'aurais pas la prétention de dire que j'imagine ce qu'ils ont vécu / vivent encore pour certains car je pense qu'on ne peut pas imaginer ce genre de chose. La vie, le bonheur, l'insouciance... Tout ça ne tient qu'à un fil et ce genre d'événement me rappelle à quel point tout peut basculer en une fraction de seconde.
Aujourd'hui, déjà, j'ai honte. Honte que nous n'ayons pas pu ou su protéger ces personnes, honte qu'un pays comme le nôtre, qui se revendique comme étant une puissance mondiale n'ait pas été en mesure d'éviter cette tragédie.
J'ai honte et j'ai peur. J'ai peur pour moi, peur pour mes proches. Peur pour les générations à venir. Est-ce vraiment un monde en guerre que nous allons léguer à nos enfants?
J'ai peur pour nos droits, pour notre liberté. Celle de parler, de dénoncer, de rire, de crier, de jouer, d'aller, de revenir, de repartir, d'aimer ou de détester... Celle de choisir, de voter, de protester, de s'éduquer, de se cultiver... Je suis fière de mon pays. Il est celui dans lequel je suis née, celui dans lequel j'ai grandi, celui dans lequel je me suis construite. Il est ce qu'il est, avec ses forces, ses faiblesses, son histoire, sa culture, ses symboles. Il est celui qui m'a été légué par mes parents et par les parents de mes parents. Je suis fière d'être Française.
Demain, je veux pouvoir me réveiller à nouveau, sortir dans la rue librement et marcher la tête haute. Je veux pouvoir démarrer mon ordinateur et fréquenter les sites internet que j'ai choisi de fréquenter. Je veux pouvoir continuer à travailler sans avoir de compte à rendre à personne au motif que je suis une femme. Je veux pouvoir choisir d'avoir des enfants ou pas, choisir mon Dieu ou choisir de ne pas en avoir. Je veux pouvoir aller au cinéma, lire des livres et des journaux, aller prendre un verre avec des amis sans me soucier d'un couvre-feu quelconque. Je veux que mes enfants, fille ou garçon, puissent aller à l'école, qu'ils aient accès à la culture, au savoir, qu'ils puissent choisir de faire ou de ne pas faire d'études. Je veux avoir le droit de rire de ce que je veux, le droit de me battre pour les causes qui me semblent justes, le droit de m'émouvoir de ce qui me touche juste parce que ça me touche justement.
Demain, je veux pouvoir encore être libre.
Alors, comme les anciens avant moi, comme les révolutionnaires, les maquisards, les résistants, les Simone Veil, les Jean Moulin et tous ces anonymes qui ont contribué, chacun à leur mesure, à ce que je puisse naître un peu plus libre qu'eux ne l'ont été, comme eux, demain, je me battrais.
A mon niveau, avec mes moyens, avec mes propres armes. Avec mon rire et ma naïveté, ma curiosité et ma simple parole.
Demain, j'irai au travail SEULE dans MA voiture. Je RIRAI avec mes collègues et parlerai librement avec eux, femmes ET hommes. Nous plaisanterons sur la religion, sur nos différences. A midi, je mangerai ce que j'ai envie de manger. Je lirai ce que j'ai envie de lire, parce que je l'ai choisi et non parce qu'on me l'a imposé. Et le soir, j'irai prendre un verre au pub avec des amis. Comme un pied de nez à cette peur avec laquelle on cherche à nous étouffer.
J'ai allumé des lumières hier. Pour éclairer le chemin des âmes de tous ces malheureux vers l'apaisement. Et dans chaque flamme, il y avait l'espoir d'un monde plus juste et plus libre.
Pour que toutes ces vies sacrifiées au nom d'idéologies perverses ne l'aient pas été pour rien, pour que tout ce sang versé devienne à son tour une goutte de plus dans l'océan de liberté dans lequel nous aspirons tous à vivre.
Pour que l'on n'oublie pas.
"Sifflez Compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute!"